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dimanche 17 janvier 2021

Communication Bluetooth entre micro:bit et smartphone

Dans cet article, je vous décris comment j'ai pu établir une communication série via Bluetooth (BLE) entre une carte micro:bit et un smartphone (ou une tablette). Deux courts programmes faits dans MakeCode ont été testés avec succès: un premier programme qui envoie des données du micro:bit vers le téléphone, et un deuxième programme qui fait l'inverse.


Programmation dans MakeCode

Par défaut, quand vous commencez un nouveau projet dans MakeCode, les blocs permettant l'utilisation du bluetooth ne sont pas disponibles. Pour les faire apparaître, on clique d'abord sur "Avancé", au bas de la liste.


On clique ensuite sur "Extensions"...


On choisit l'extension bluetooth:


...et on accepte de renoncer à l'extension radio pour ce projet.


Une catégorie de blocs "Bluetooth" est maintenant disponible (attention: la plupart des blocs que j'ai utilisés sont dans la catégorie "plus" située juste en-dessous de "Bluetooth").



Sélection du mode d'appairage

En cliquant sur la roue d'engrenage en haut à droite, puis en sélectionnant "Paramètres du projet", il est possible de choisir le mode d'appairage.


Trois options sont proposées: aucun appairage requis, appairage "JustWorks" et appairage avec mot de passe. Pour la suite de mon expérimentation, j'ai utilisé le mode par défaut "JustWorks".

Premier exemple: le micro:bit envoie des données vers le téléphone

Dans ce premier exemple, le micro:bit envoie chaque seconde un message via bluetooth  (le message est un nombre qui augmente d'une unité à chaque seconde). Pour que ça fonctionne, il est important de démarrer le "bluetooth service uart" au début du programme.

Deuxième exemple: le micro:bit reçoit des données provenant du téléphone

Dans ce deuxième exemple, le micro:bit vérifie constamment l'arrivée d'un message via bluetooth. Chaque message reçu est affiché sur la matrice de LEDs du micro:bit. Ici encore, il est important de ne pas oublier le bloc "bluetooth service uart" au démarrage du programme.


Installation d'une appli de communication UART Bluetooth sur le téléphone

Pour mes tests, j'ai utilisé l'application Serial Bluetooth Terminal de Kai Morich sur ma tablette android. C'est loin d'être la seule option possible: il existe bien d'autres applications du même genre, et vous pouvez même programmer votre propre application android avec App Inventor si vous préférez.

Appairage du micro:bit avec le téléphone

(Rappel: mon micro:bit a été réglé pour un appairage de type "JustWorks"; la procédure est légèrement différente pour les autres types d'appairage).

Pour mettre la carte micro:bit en mode appairage, il faut d'abord appuyer simultanément sur les boutons A et B de la carte. Tout en maintenant les boutons A et B enfoncés, on appuie sur le bouton "reset", qui se trouve de l'autre côté de la garde, et on relâche le bouton reset.

Plusieurs LEDs de la matrice s'allument. Le logo bluetooth est momentanément affiché, puis les LEDs forment le motif ci-dessous. Le micro:bit est en mode appairage.



À cette étape, le nom du micro:bit devrait être visible dans la liste des appareils bluetooth disponibles, dans les paramètres du téléphone (bluetooth doit évidemment être activé sur le téléphone). Il s'agit de sélectionner ce nom dans la liste pour déclencher l'appairage.


Si tout va bien, la matrice de LEDs du micro:bit prend la forme d'un crochet, et le téléphone place le nom du micro:bit dans la catégorie "périphériques couplés".




Il semble nécessaire de refaire cette procédure chaque fois qu'on installe un nouveau programme sur le micro:bit, ou si le micro:bit a été mis hors tension.

Réglages de l'appli "Serial Bluetooth Terminal"

Dans le menu de l'appli "Serial Bluetooth Terminal", on sélectionne "Devices"...


...et on choisit notre micro:bit, visible sous l'onglet "Bluetooth LE".


Mise à l'essai du premier programme

Pendant que le micro:bit exécute le premier programme, l'application Serial Bluetooth terminal affiche chaque seconde le message qui a été envoyé par le micro:bit.


Mise à l'essai du deuxième programme

Si le micro:bit exécute le deuxième programme, il faut alors écrire un message dans le bas de la fenêtre de l'appli Serial Bluetooth Terminal, et l'envoyer en cliquant sur le bouton de droite. Le message envoyé à partir du téléphone va alors défiler sur la matrice de LEDs du micro:bit.


Et MicroPython?

Les fonctionnalités Bluetooth du micro:bit ne sont pas supportées par MicroPython!

À lire également

Mes autres articles portant sur la carte micro:bit:


Yves Pelletier (TwitterFacebook

mardi 7 juillet 2020

Mesurer la pression atmosphérique avec BMP180 et micro:bit

Le capteur BMP180 a été spécialement conçu pour mesurer la pression atmosphérique ainsi que la température. Dans cet article, nous le branchons à une carte micro:bit qui pourra tout aussi bien être programmée avec MakeCode qu'avec MicroPython.  Afin de simplifier les choses au maximum, nous afficherons la pression atmosphérique (en hPa) et la température (en °C) sur la matrice de LEDs du micro:bit.

Capteur BMP180 et micro:bit


Connexions

Le capteur BMP180 communique ses mesures avec le protocole I2C. On le branche donc au micro:bit de la façon suivante:

  • Broche VIN  du BMP180:   3 V du micro:bit
  • Broche GND du BMP180: GND du micro:bit
  • Broche SCL du BMP180: P19 du micro:bit
  • Broche SDA du BMP180: P20 du micro:bit

Programmation avec MakeCode

Le programmation avec MakeCode est extrêmement simple si vous installez l'extension BMP180 par Shaoziyang: vous allez dans la section "Extensions", ce qui peut se faire en passant par la roue d'engrenage en haut à droite...


...et vous faites une recherche de "bmp180":


Une fois l'extension installée dans votre projet, vous disposez d'une nouvelle catégorie "BMP180", qui contient deux blocs "pressure" et "température".




Il s'agit d'insérer ces blocs dans votre programme chaque fois que vous désirez connaître la pression ou la température:


Programmation en MicroPython

Si vous préférez programmer en MicroPython, ce sera tout aussi facile puisque Shaoziyang, l'auteur de l'extension pour MakeCode, a également écrit une bibliothèque en MicroPython. Avec cette bibliothèque, la pression et la température s'obtiennent respectivement grâce aux méthodes Pressure() et Temperature(), comme dans l'exemple de script ci-dessous.

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À lire aussi:

D'autres articles impliquant le micro:bit:
D'autres projets impliquant le capteur BMP180:
La carte micro:bit utilisée pour la rédaction de cet article a été fournie gratuitement par DigitSpace.

Yves Pelletier (TwitterFacebook)


lundi 29 juin 2020

Livre: micro:bit Programmez la carte avec MakeCode et MicroPython

par Jean-Christophe Quetin
Éditions ENI (Collection La Fabrique)
2020
495 pages


J'ai eu le plaisir de recevoir le nouveau livre de Jean-Christophe Quetin, qui s'adresse aux adeptes de la carte micro:bit.

Une première particularité intéressante de ce livre, c'est qu'il couvre les deux principaux langages pouvant être utilisés pour programmer la carte: MakeCode et MicroPython. Il s'agit peut-être d'un inconvénient pour les lecteurs qui s'intéressent à un seul des deux langages (par exemple: quelqu'un qui a déjà des bonnes base en Python), mais c'est parfait pour le débutant qui ne sait pas encore quel langage il adoptera (je peux facilement imaginer que quelqu'un débute son initiation avec MakeCode et, réalisant les limites de l'outil, décide plus tard de s'attaquer à MicroPython).

L'approche pédagogique est similaire à celle que l'auteur avait appliquée dans son livre précédent (Arduino, Apprivoisez l'électronique et le codage): le lecteur est invité à apprendre les bases de la programmation...en programmant! La majeure partie du livre est donc consacrée à la présentation d'exemples concrets, expliqués soigneusement (mais sans blabla inutile). Les noms des variables sont en français, et les scripts en python comportent de nombreux commentaires.

Dans un premier temps (chapitres 2 et 3), le lecteur apprend à utiliser les nombreuses ressources intégrées à la carte: la matrice de LEDs, les boutons, l'accéléromètre, le magnétomètre, le capteur de température, le capteur de luminosité, les capteurs sensitifs, la communication radio, la communication série, le stockage de données sous forme de fichier... Je remarque qu'il n'y a rien concernant la communication en Bluetooth, qui permet pourtant des applications fort intéressantes (le bluetooth ne peut pas être utilisé en micropython, mais il peut l'être avec MakeCode).

Le chapitre 4 traite des entrées et des sorties, et on y apprend comment utiliser des composants externes communs: LED, LED RGB, module de LED adressables, bouton, potentiomètre, photorésistance, capteur d'humidité, buzzer, haut-parleur, capteur à ultrasons, détecteur de mouvement (PIR), relais, etc. Le moteur à courant continu et le servomoteur sont abordés un peu plus loin, dans un chapitre consacré aux robots.

Ensuite, ça semble un peu inévitable quand il s'agit du micro:bit, on en arrive aux cartes d'extensions spécialisées dans lesquelles il s'agit d'insérer la carte sans avoir à se poser de questions sur les connexions. Il est probablement impossible de couvrir tout ce qui est disponible sur le marché, mais la sélection est assez variée avec, pour chaque carte d'extension présentée, au moins un exemple en MakeCode et en Python.  J'ai particulièrement remarqué les cartes d'extension qui transforment le micro:bit en mini console de jeu (Joystick for micro:bit, Game ZIP 64) ou en robot (MOVE mini, Maqueen).

Je m'interroge un peu sur la pertinence des derniers chapitres, dans lesquels ont présente brièvement d'autres cartes utilisées dans le monde scolaire: Circuit Playground Express, Pyboard, Arduino, Makey Makey et Ozobot. C'est intéressant, mais un peu hors sujet.

L'absence de couleur donne au livre un aspect un peu austère, mais ça n'a pas eu de conséquence fâcheuse sur la clarté des schémas (seule exception: la figure de la page 282, dans laquelle un des fils du moteur est à toute fin pratique invisible). Un peu de couleur aurait aussi contribué à faciliter la compréhension des programmes présentés sous forme de blocs, puisque la couleur de chaque bloc donne une indication de la catégorie à laquelle il appartient. Malgré tout, les programmes en MakeCode sont très lisibles (sauf peut-être celui de la page 316, que les optométristes pourraient utiliser afin de diagnostiquer un début de presbytie).

En conclusion: si vous désirez vous initier au micro:bit, ce livre constitue un excellent choix.


À lire également:

Le livre commenté dans cet article a été fourni gratuitement par les Éditions ENI.

Yves Pelletier (TwitterFacebook)



mercredi 24 juin 2020

Mesurer une distance avec un HC-SR04 et un micro:bit


Les modules à ultrason HC-SR04 constituent une façon simple et économique de déterminer à quelle distance se trouve un obstacle. Dans cet article, nous construisons un télémètre grâce à un HC-SR04 branché à une carte micro:bit.



Le module HC-SR04 est un sonar: lorsque sa broche "Trig" est brièvement soumise à un signal logique haut, une brève impulsion ultrasonore est émise.  La broche "Echo" prend ensuite l'état logique haut pendant une durée égale à la durée du trajet aller-retour de l'ultrason.  Puisqu'on connaît la vitesse du son (environ 340 m/s), on peut  utiliser cette durée pour calculer la distance qui sépare le module HC-SR04 de l'obstacle qui a réfléchi l'impulsion ultrasonore.




Connexions 

Commençons par une bien mauvaise nouvelle: la très grande majorité des modules HC-SR04 sont conçus pour être alimentés par une tension continue de 5 V, alors que la carte micro:bit ne dispose que d'une sortie de 3 V. Ça risque de nous compliquer un peu la vie...

Hypothèse 1: vous disposez d'un module HC-SR04 spécialement conçu pour être alimenté à 3 V

C'est loin d'être la norme pour le moment, mais il existe des modules HC-SR04 qui ont été conçus pour être alimentés aussi bien à 3 V qu'à 5 V. Si vous devez vous procurer un capteur à ultrasons spécialement pour le brancher à un micro:bit, ce serait une bonne idée de vous procurer un tel modèle, ça va simplifier les choses. Si votre module HC-SR04 est de ce type, référez-vous au circuit #1 ci-dessous.

Hypothèse 2: votre module HC-SR04, même s'il a été conçu pour être alimenté à 5 V, accepte malgré tout de fonctionner à 3 V!

C'est loin d'être certain, mais votre module HC-SR04, même s'il n'a pas été conçu pour fonctionner dans ces conditions, acceptera peut-être de fonctionner avec une alimentation de 3 V. J'ai fait le test avec 3 modules, et l'un d'entre eux a très bien fonctionné à 3 V, alors que c'était insuffisant pour les deux autres. Vous avez déjà en votre possession un module HC-SR04?  Faites confiances à la vie!  Essayez d'abord le circuit #1 ci-dessous. Si votre dispositif indique obstinément une distance nulle, vous devrez faire le circuit #2 (plus compliqué).

Circuit #1: alimentation 3 V

C'est le circuit à utiliser pour les modules qui fonctionnement à 3 V, et à essayer dans un premier temps, en croisant les doigts, pour les autres modules.
  • Broche VCC du module HC-SR04: broche 3V du micro:bit
  • Broche Trig du module HC-SR04: broche P0 du micro:bit
  • Broche Echo du module HC-SR04: broche P1 du micro:bit
  • Broche GND du mocule HC-SR04: broche GND du micro:bit



Hypothèse 3: votre module HC-SR04 connaît parfaitement ses droits, et il refuse obstinément de fonctionner à une tension de 3 V.

Nous allons tout de même nous en tirer, mais les choses vont se compliquer pour deux raisons. D'une part, il sera nécessaire d'alimenter le module HC-SR04 avec autre chose que les sorties du micro:bit. D'autre part, il faudra abaisser la tension émise par le HC-SR04 sur sa broche "Echo" pour qu'elle soit sans danger pour le micro:bit. Voir le circuit #2 ci-dessous.

Circuit #2: alimentation de 5 V et diviseur de tension

Nous aurons besoin d'une source de tension continue de 5 V.  Il peut s'agir d'une alimentation USB, d'une alimentation de labo, ou tout simplement de 3 piles AA en série (personnellement, j'ai préféré tricher un peu en utilisant la sortie 5 V secrète du micro:bit, dont je parle un tout petit peu plus loin dans cet article).

Il ne faut pas oublier de relier la borne négative de l'alimentation de 5 V avec l'entrée GND de la carte micro:bit, afin que le module HC-SR04 et le micro:bit utilise la même référence pour communiquer.

Mais maintenant que le module HC-SR04 est alimenté en 5 V, il émettra sur sa broche "Echo" un signal de 5 V, qui faut impérativement abaisser à 3 V avant de l'acheminer au micro:bit. Pour ce faire, nous pouvons utiliser un diviseur de tension constitué d'une résistance de 1 kΩ placée en série avec une résistance de 1,8 kΩ.



Nous n'avons pas à prendre cette précaution sur la broche "Trig", car ce signal est émis par le micro:bit (à 3 V), et il sera donc sans danger pour le module HC-SR04.

Voici donc le circuit complet:
  • Broche VCC du module HC-SR04: borne positive de l'alimentation 5 V
  • Broche Trig du module HC-SR04: broche P0 du micro:bit
  • Broche Echo du module HC-SR04: branché à la résistance de 1 kΩ du diviseur de tension
  • Broche GND du mocule HC-SR04: broche GND du micro:bit, borne négative de l'alimentation 5 V, et résistance de 1,8 kΩ du diviseur de tension
  • Broche P1 du micro:bit: branché entre les deux résistances du diviseur de tension


En bonus: la sortie 5 V secrète de la carte micro:bit

Il y a quelque chose d'un peu intrigant concernant l'absence de sortie 5 V sur la carte micro:bit car, lorsque vous la branchez dans le port USB d'un ordinateur afin de la programmer, vous la soumettez bel et bien à une tension de 5 V. Un régulateur de tension abaisse cette tension à 3 V (3,3 V, en fait) avant de l'acheminer vers la sortie 3 V.

Ça signifie que, dans leur grande sagesse, les concepteurs du micro:bit ont jugé que je n'avais pas besoin d'avoir accès à la tension de 5 V. Mais moi, dans ma grande naïveté, j'ai bien l'impression que ça me serait utile!

Il existe une solution. Au verso de la carte, on trouve un certain nombre de petits points de test circulaires. L'un d'entre eux, celui qui est situé juste au-dessus du mot "ANTENNA", est à une tension de 5 V...


Grâce à une petite goutte de soudure, j'ai apporté une nouvelle amélioration à ma carte micro:bit...une sortie 5 V!



Programmation en microPython

Le principe de fonctionnement du HC-SR04 n'est pas aussi compliqué qu'il pourrait en avoir l'air: nous envoyons une brève impulsion à la broche "trig" pour lui demander de prendre une mesure, puis nous mesurons le temps pendant lequel la broche "echo" demeure au niveau logique "haut". Cette durée est égale au temps qui a été nécessaire pour que les ultrasons fassent le trajet aller-retour du capteur vers l'obstacle, puis de l'obstacle vers le capteur.

Sachant que:

vitesse = 2 * distance / temps

En supposant une vitesse de 343 m/s pour les ultrasons, on trouve que la distance en centimètres est égale au temps mesuré (en microsecondes) divisé par 58.

Nous demandons ensuite au micro:bit d'afficher la distance calculée sur sa matrice de LEDs.

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Programmation en MakeCode

C'est le même principe dans MakeCode:


On peut aussi, si on préfère, installer l'extension "sonar" (disponible en cliquant sur la roue d'engrenage), et le programme est encore plus simple:

Les deux méthodes donnent exactement le même résultat...décevant!

Résultats...un bug dans MakeCode?

Le script en MicroPython fonctionne à merveille. Vous placez le capteur à 25 cm d'un mur et ça affiche 25. Vous le placez à 1 mètre du mur, ça affiche 100.

Mais le programme en MakeCode affiche de drôle de valeurs: vous placez le capteur à 25 cm d'un mur, le micro:bit affiche 16. Si le mur est à 1 mètre, le micro:bit affiche 70!!!

Sur la photographie ci-dessous, le micro:bit affiche 9 cm, alors que l'obstacle se trouve à environ 15 cm.



J'ai vérifié que le problème réside dans la brique "Pulse In" (traduite en français par "impulsion dans"): grâce à un analyseur logique branché à la broche Echo, j'ai mesuré une durée d'impulsion de 1455 µs lorsque l'obstacle se trouvait à 25 cm. Pourtant, le micro:bit mesurait une durée de 950 µs, qu'il utilisait pour calculer une distance erronée de 16 cm!

On pourrait croire que j'ai fait une erreur dans la conception du programme, mais il s'agit du même programme qui est cité en exemple d'application sur la page de référence de Pulse In! De plus, ça ne peut pas être une défectuosité de ma carte, puisque le script en micropython donne les bonnes mesures. 

J'obtiens de résultats assez bons, avec la version MakeCode du programme, si je divise par 38 plutôt que par 58 (ce qui n'a pas vraiment de sens...).

Vous trouverez aussi sur ce blog des conseils pour utiliser le télémètre HC-SR04 avec un Arduino Unoavec un Raspberry Piavec un ATTiny85,  avec une carte STM32 Nucleo programmée avec mbed et avec un microcontrôleur PIC.

Yves Pelletier (TwitterFacebook)


dimanche 21 juin 2020

Micro:bit et moteur pas à pas

Voyons comment ont peut contrôler un moteur pas à pas au moyen d'une carte micro:bit.



Comme le montre la vidéo ci-dessous, les deux boutons du micro:bit seront utilisés pour modifier le mouvement du moteur (le bouton A inverse le sens de rotation, alors que le bouton B modifie la vitesse de rotation du moteur).  De plus, un symbole illustrant le dernier changement demandé (horaire, antihoraire, plus vite ou moins vite) est affiché sur la matrice de LEDs du mirco:bit.




Moteur pas à pas

J'ai utilisé un moteur pas à pas bipolaire qui avait été retiré d'une vieille imprimante (les lecteurs de CD, de CD-ROMs et de DVD sont également d'excellentes sources de petits moteurs pas à pas). Le moteur est constitué de deux bobinages et comporte donc 4 connecteurs.  Il effectue une suite de petites rotations à la condition qu'on inverse périodiquement le sens du courant dans les bobines. Pour que le moteur puisse tourner, il faut donc que la tension de chaque fil puisse être périodiquement interrompue, puis rétablie.



Pilote de moteur: le L9110S

Même si c'est le micro:bit qui contrôlera le moteur, il est hors de question de brancher directement le moteur aux sorties du micro:bit, car le courant nécessaire pour faire tourner le moteur est beaucoup plus intense que ce que peut supporter une sortie du micro:bit.

Nous avons donc besoin d'un circuit spécialement conçu pour servir d'intermédiaire entre le micro:bit et le moteur: les signaux de 3,3 V générés par les sorties du micro:bit seront transformés en une tension mieux adaptée à votre moteur (peut-être 5 V, 9 V ou 12 V, ça dépend du moteur), et le courant circulant dans les sorties du micro:bit demeurera minuscule même si un courant beaucoup plus intense circulera dans les bobinages du moteur.

Pour cette expérience, j'ai utilisé comme pilote de moteur un module L9110S. Si vous avez déjà un autre modèle (comme par exemple un L293D ou un L295N), ça fera très bien l'affaire aussi (les connexions sont très similaires).

Connexions

Puisque quatre sorties programmables sont nécessaires pour faire tourner le moteur, vous devez avoir accès à au moins une des minuscules sorties ultra-étroites. La méthode conventionnelle consiste à utiliser un module d'extension, et j'ai déjà présenté ma méthode personnelle , moins orthodoxe. J'ai choisi les broches P0, P1, P2 et P8, en prenant soin d'éviter les broches associées à la matrice de LEDs.

Vous devez utiliser une alimentation continue pour le moteur: ça ne doit pas être la sortie 3,3 V de votre carte micro:bit. Une tension d'environ 5 V fait souvent l'affaire, mais ça dépend de votre moteur.
  • Broche B -IA du L9110S: broche P0 du micro:bit
  • Broche B -IB du L9110S: broche P1 du micro:bit
  • Broche GND du L9110S: broche GND du micro:bit et borne négative de l'alimentation du moteur
  • Broche VCC du L9110S: borne positive de l'alimentation du moteur
  • Broche A - IA du L9110S: broche P2 du micro:bit
  • Broche A - IB du L9110S: broche P8 du micro:bit
Les 4 fils du moteur sont branchés aux borniers à vis du module L9110S. Au moyen d'un multimètre, il est facile de repérer les connecteurs qui partagent la même bobine. Si le moteur vibre au lieu de tourner, inversez deux fils.

Programmation

J'ai fait le même programme dans MakeCode et dans l'éditeur Python en ligne.

La rotation du moteur est constituée d'une succession de 4 phases; chaque nouvelle phase consiste à inverser le sens du courant dans un des deux bobinages du moteur.
  • Phase 1: P0 à 1, P1 à 0, P2  à 1, P8 à 0
  • Phase 2: P0 à 0, P1 à 1, P2  à 1, P8 à 0 
  • Phase 3: P0 à 0, P1 à 1, P2  à 0, P8 à 1
  • Phase 4: P0 à 1, P1 à 0, P2  à 0, P8 à 1
Le bouton A contrôle le sens de rotation du moteur: en marche avant, les phases s'exécutent dans l'ordre phase 1 - phase 2 - phase 3 - phase 4, alors qu'en marche arrière c'est le contraire: phase 4 - phase 3 - phase 2 - phase 1.

Le bouton B contrôle la vitesse de rotation: pause de 10 ms entre chaque phase pour une rotation rapide, pause de 200 ms entre chaque phase pour une rotation lente.

Programme dans MakeCode



Programme Micropython

Et voici celui qui j'ai écrit en microPython.

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Lire aussi:

Yves Pelletier (TwitterFacebook)

vendredi 19 juin 2020

Exploration de la carte micro:bit...deuxième volet

Voici  où j'en suis avec ma carte micro:bit. Pour mieux comprendre ce qui va suivre, c'est important de garder à l'esprit que, n'étant pas un écolier britannique s'initiant à la programmation, je ne fais pas exactement partie du public visé par le micro:bit.

Accès aux entrées/sorties

Lors de ma première exploration du micro:bit, je me plaignais de la difficulté de profiter de la totalité de ses entrées/sorties, à moins d'acheter du matériel spécialement conçu pour le micro:bit.

La façon sage et sensée de régler ce problème aurait été de me procurer un adaptateur permettant de transformer l'épouvantable "edge connector" du micro:bit en broches compatibles avec une breadboard (ces produits sont vendus sous le nom de "microbit extension board" ou "microbit breakout board").

Je dois malheureusement avouer que je n'ai pas eu l'autodiscipline nécessaire pour me conformer aux recommandations de la fondation micro:bit... j'ai plutôt choisi de souder chaque entrée/sortie de mon micro:bit à  une barrette de broches pour breadboard.

Mon micro:bit, tel qu'il était au départ...


...en cours de transformation...



Quelle formidable occasion de tester les limites de ma patience, de ma dextérité et de mes yeux presbytes!  

Les bouts de broches proviennent de résistances, de LEDs et de condensateurs ayant été utilisés dans d'autres circuits. Ils ont été nécessaires car l'espacement entre les connecteurs du micro:bit ne correspond pas à celui d'une breadboard.

...et finalement...



Le résultat est tout sauf esthétique et élégant, mais c'est efficace (en plus de donner à mon micro:franken:bit un petit cachet exclusif).



Programmation avec l'IDE Arduino

D'autre part, ma lune de miel avec Makecode semble en voie de prendre fin. Pour me retrouver en terrain connu, j'ai commencé à programmer mon micro:bit avec l'IDE Arduino.

Je résume la procédure: il faut d'abord ajouter cet URL dans le champ intitulé "URL de gestionnaires de cartes supplémentaires", au bas de la boîte de dialogue qui apparaît quand on choisit "Préférences" dans le menu "Fichier":

https://sandeepmistry.github.io/arduino-nRF5/package_nRF5_boards_index.json

On va ensuite dans le gestionnaire de cartes (Menu Outils - Types de cartes - Gestionnaire de cartes),  on recherche "Nordic Semiconductor nRF5 Boards by Sandeep Mistry", et on clique sur "Installer".

Comme type de carte, on choisit bien sûr "BBC micro:bit".


Pour "Softdevice", on choisit "S110"...


...et bien sûr, on sélectionne le port correspondant au micro:bit.



On peut ensuite vérifier que tout fonctionne en faisant clignoter une des LEDs de la matrice du micro:bit, avec un sketch comme celui-ci:

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Dans mon cas, tout a fonctionné immédiatement, sans le moindre pépin. Un excellent tuto sur le site d'Adafruit énumère quelques problèmes possibles, ainsi que les solutions appropriées.

Certaines bibliothèques ne fonctionnent pas, mais j'ai fait quelques tests concluants avec des périphériques qui occupent beaucoup d'entrées/sorties, comme un clavier numérique 4 * 4...



...et un afficheur LCD classique.



En résumé: j'ai transformé mon micro:bit...en Arduino!

Yves Pelletier (TwitterFacebook)