mercredi 30 janvier 2019

PCF8591 et Raspberry Pi

Nous allons voir aujourd'hui comment ajouter une sortie analogique et quatre entrées analogiques au Rasbperry Pi grâce à un module PCF8591 (qui est à la fois un convertisseur analogique-numérique et un convertisseur numérique-analogique). Nous programmerons en langage Python.


Entrée analogique? Sortie Analogique?

Les broches GPIO du Raspberry Pi sont des broches numériques. Lorsqu'elles sont configurées en sortie, elles ne peuvent prendre que deux états différents: 0 V ou 3,3 V.  De même, lorsqu'elles sont configurées en entrée, elles ne peuvent que distinguer deux états différents: 0 V ou 3,3 V.

Une sortie analogique peut prendre n'importe quelle valeur située entre 0 V et 3,3 V. Et une entrée analogique peut distinguer n'importe quelle valeur située entre 0 V et 3,3 V.  Par exemple, une entrée analogique pourra faire la distinction entre une tension de 1 V et une tension de 1,2 V.

Petit bémol, cependant: quand je dis "n'importe quelle valeur", j'exagère un peu. Le PCF8591 est un convertisseur à 8 bits, ce qui signifie que la tension peut prendre 255 valeurs différentes échelonnées entre 0 et 3,3 V.

Description du module

Il est possible d'utiliser un simple circuit intégré PCF8591, mais j'ai plutôt utilisé un module qui comprend, en plus, un petit potentiomètre, une photorésistance et une thermistance (il n'est pas obligatoire d'utiliser ces trois composants: il est facile de les désactiver en retirant les jumpers qui les relient aux entrées du PCF8591).


Les 4 connecteurs situés du côté gauche du module servent à l'alimentation du module (VCC et GND) et à la communication i2c avec le microcontrôleur (SDA e SCL).

Du côté droit, AOUT est la sortie analogique, que nous pouvons régler à n'importe quelle valeur située entre 0 et 3,3 V.  AIN0, AIN1, AIN2 et AIN3 sont les 4 entrées analogiques qui nous permettent de mesurer la valeur d'une tension se situant entre 0 et 3,3 V.

Le potentiomètre est relié à la broche INPUT0, la photorésistance est reliée à la broche INPUT1, et la thermistance est reliée à la broche INPUT2.  Lorsque vous achetez le module, des jumpers acheminent le signal du potentiomètre à l'entrée AIN0, le signal de la photorésistance à l'entrée AIN1 et le signal de  la thermistance à l'entrée AIN2, mais vous pouvez évidemment retirer ces jumpers et brancher des capteurs analogiques de votre choix aux entrées AIN0, AIN1, AIN2 et AIN3.

Connexions

4 fils conducteurs sont nécessaires pour brancher le module PCF8591 au Rasbperry Pi:

                                             Module PCF8591  ----------    Raspberry Pi
                                                        SDA    ---------------  Broche 3 (GPIO2)
                                                        SCL     --------------   Broche 5 (GPIO3)
                                                        VCC   ---------------   Broche 1 (3,3 V)
                                                        GND   ---------------- Broche 6 (GND)
Préparation du Raspberry Pi pour la communication i2c

Il n'y a pas si longtemps, l'activation de l'i2c sur un Raspberry Pi impliquait la modification manuelle de quelques fichiers de préférence à l'aide d'un éditeur de texte.  Ce n'est heureusement plus le cas de nos jours, le réglage se limitant à ouvrir "Configuration du Rasbperry Pi" dans le menu "Préférences"...


...régler "I2C" à "Activé", et redémarrer le Raspberry Pi.


Si le module PCF8591 est correctement branché à votre Raspberry Pi, vous devriez le voir à l'adresse 48 en entrant la commande "sudo i2cdetect -y 1" dans le Terminal.

Notez que si vous avez un très ancien Raspberry Pi, vous devrez plutôt inspecter le bus 0 ("sudo i2cdetect -y 0"). Sur mon Banana Pi M2 Berry, c'est plutôt le bus 2 ("sudo i2cdetect -y 2").



Script pour la lecture d'une entrée analogique

Voici un script en Python qui affiche la tension mesurée à l'entrée AIN0 du module PCF8591. Elle est convertie en volts (multipliée par 3,3 et divisée par 255), sinon la valeur affichée serait un entier situé entre 0 et 255 volts. Vous pouvez facilement tester ce script en tournant le potentiomètre du module PCF8591, qui est relié à l'entrée AIN0. Vous pouvez également remplacer AIN0 par AIN1, dans le script, et faire varier la valeur affichée en modifiant la quantité de lumière qui atteint la photorésistance.




Script pour le réglage de la sortie analogique

Ce deuxième script fait varier la tension de la sortie analogique AOUT du module PCF8591.  Cette tension prendra successivement les valeurs 0 V, 0,5 V, 1 V, 1,5 V, etc.

Vous pouvez brancher un voltmètre à la sortie AOUT pour vérifier le résultat.





Yves Pelletier   (TwitterFacebook)

samedi 26 janvier 2019

Écran OLED SH1106 I2C et Arduino

Je me suis récemment procuré un petit écran OLED de 128 X 64 pixels et. bien entendu, je me suis empressé de le faire fonctionner  en le branchant à un Arduino.



OLED vs LCD

OLED est l'acronyme de organic light-emitting diode (diode électroluminescente organique, donc).  Contrairement aux cristaux liquides des écrans LCD, les OLED produisent de la lumière et les écrans basés sur cette technologie ne nécessitent donc pas de rétroéclairage, même lorsque vous les utilisez dans l'obscurité. Les images sont plus contrastées et le temps de réponse est plus court. Par contre, on dit que la durée de vie des écrans OLED est plus courte que celle des LCDs (l'image se dégrade avec le temps).

L'écran

Mon écran a une taille de 1,3 pouce (environ 3,5 cm X 1,8 cm) et une résolution de 128 X 64 pixels. Il est basé sur le contrôleur SH1106 et utilise le protocole I2C. L'image produite est blanche sur fond noir.



Branchements

Puisqu'il s'agit d'I2C, les connexions sont assez prévisibles: sans surprise, l'écran comporte deux broches pour l'alimentation (GND et VCC), et deux broches pour le transfert d'information (SCL et SDA).

Le vendeur a spécifié dans sa description que l'écran peut aussi bien supporter une tension de 5 V qu'une tension de 3,3 V, mais j'ignore à quel point c'est vrai. Le SH1106 n'est pas conçu pour des tension de 5 V, mais le fabricant de l'écran a peut-être ajouté un régulateur de tension quelque part. Pour plus de prudence, j'ai utilisé un module abaisseur de tension bidirectionnel spécifiquement conçu pour la communication I2C dans le genre de celui qui est vendu par Adafruit.  Il s'agit peut-être d'une précaution inutile, mais ça ne peut pas faire de mal.

Tout ça pour dire que que les 4 broches de l'écran OLED sont branchés à l'Arduino Uno de la façon suivante:
  • Broche GND de l'écran à une broche GND de l'Arduino
  • Broche VCC de l'écran à la sortie 3.3 V de l'Arduino
  • Broche SCL de l'écran à la broche A5 de l'Arduino (adaptateur de niveau logique entre les deux)
  • Broche SDA de l'écran à la broche A4 de l'Arduino (adaptateur de niveau logique entre les deux)
(Si vous utilisez un modèle d'Arduino autre que l'Uno,  les broches dédiées à la communication I2C ne sont pas nécessairement A4 et A5.)



Recherche et installation d'une bibliothèque

La bibliothèque U8glib a très bonne réputation parmi les utilisateurs d'écrans OLED.  Cependant, j'ai préféré continuer d'utiliser la bibliothèque GFX d'Adafruit, pour que mes programmes déjà réalisés avec un écran LCD de style Nokia soient plus facilement transposables à mon nouvel écran.  Petit inconvénient: puisqu'Adafruit ne fabrique aucun produit contenant le contrôleur SH1106 (car ils préfèrent le SSD1306), ils n'ont pas créé de bibliothèque spécifique au SH1106.

J'ai donc installé la bibliothèque Adafruit_SH1106 de wonho-maker qui, contrairement à ce que son nom pourrait faire croire, n'est pas une bibliothèque officielle réalisée par Adafruit. Il s'agit plutôt d'une modification, réalisée par un particulier, de la bibliothèque qu'Adafruit a produite pour le SSD1306.  Cette bibliothèque nécessite à son tour la présence de la bibliothèque GFX d'Adafruit (version officielle, cette fois), ce qui représente à mes yeux un énorme avantage: toutes les routines que j'ai utilisées sur mon écran LCD Nokia continueront de fonctionner sur mon écran OLED.

Sketch 1: dessiner des formes, afficher une image bitmap

Commençons par un sketch dont la seule fonction vise à illustrer diverses possibilités de la bibliothèque GFX d'Adafruit: écrire du texte à l'écran...



...dessiner des contours de formes géométriques vides...


...dessiner des formes géométriques pleines...


... contrôler des pixels individuels...


...afficher une image bitmap.


Pour plus de détails, je vous invite à lire l'article qui concerne la première version de ce sketch (réalisé pour un écran LCD Nokia), puisque la majeure partie du programme concerne la bibliothèque GFX plutôt que la bibliothèque SH1106.

L'essentiel de mes modifications (par rapport à ma version initiale conçue pour un écran LCD) a consisté à tenir compte de la nouvelle résolution de l'écran (128 X 64 plutôt que 84 X 48) et de l'inversion des couleurs: par défaut, sur un écran OLED, on dessine en blanc sur fond noir alors que c'était l'inverse sur le LCD.  Il est bien sûr possible de mettre le fond de l'écran blanc pour y dessiner en noir, mais les résultats sont beaucoup moins réussis (présence de traînées grisâtres sur le fond blanc).


Sketch 2: mesure analogique présentée sous forme de jauge rectangulaire

Ce sketch présente à l'écran la tension à l'entrée A0­. La version initiale de ce sketch est décrite de façon plus détaillée ici. Pour en faire l'essai, vous pouvez brancher le curseur d'un potentiomètre à l'entrée A0.




Sketch 3: mesure analogique présentée sous forme de graphique cartésien

Cet autre sketch présente également la tension à l'entrée A0, mais sous forme de graphique cartésien, cette fois.  Voir cet article pour la première version de ce sketch.




Sketch 4: menus de navigation contrôlés par 4 boutons

Finalement, j'ai également adapté le sketch que j'avais écrit pour établir un système de menus contrôlé par 4 boutons poussoir.



L'écran est toujours branché à l'Arduino de la même façon que pour les circuits précédents, mais on ajoute un bouton poussoir à chacune des broches 6, 7, 8 et 9:

À lire aussi

J'ai également utilisé cet écran OLED avec un Raspberry Pi, avec une carte STM32 (Nucleo ou Blue Pill), avec un ESP8266 et avec un ESP32.


Yves Pelletier   (TwitterFacebook)

dimanche 20 janvier 2019

Communication 433 MHz entre deux STM32 Blue Pills

Avertissement:  la bibliothèque Manchester utilisée dans cet article ne fonctionne qu'avec le vieux core STM32Duino mis au point par Roger Clarke. Il ne fonctionne pas avec le core STM32 officiel de ST Microelectronics.

Je continue mon exploration des modules Blue Pill (STM32F103C8) avec une communication radio entre deux modules Blue Pill par l'entremise d'une paire émetteur récepteur 433 MHz. Remarquez que la même procédure vous permettra également d'établir une communication entre une Blue Pill et une carte Arduino.

Matériel

Il s'agit de la paire émetteur/récepteur la plus économique qui soit, facile à trouver sur les sites de vente asiatiques.  L'émetteur, de forme carrée, porte souvent la mention "FS1000A".  Il comporte trois broches: Data, Vcc et GND, ainsi qu'un connecteur permettant d'ajouter une antenne.


Le récepteur, de forme rectangulaire, comporte 4 connecteurs, mais les deux connecteurs du centre sont redondants: Data, Vcc et GND encore une fois. À l'extrémité opposée de la carte, un connecteur permet de souder une antenne.



Donc, deux Blue Pills et une paire émetteur-récepteur, pour un montant total qui ne devrait guère dépasser 5 euros.

Connexions

En principe, ces modules sont conçus pour fonctionner à une tension de 5 V, ce qui n'a rien de problématique si vous utilisez une des nombreuses broches de la Blue Pill qui tolèrent les tensions de 5 V. Cependant, je n'ai jamais eu le moindre problème à les alimenter en 3,3 V donc n'hésitez pas à procéder de cette façon si ça vous convient mieux.

Du côté émetteur les branchements sont les suivants:
  • Broche DATA du module émetteur -- Broche B13 de la Blue Pill
  • Broche VCC du module émetteur -- Broche 5 V de la Blue Pill
  • Broche GND du module émetteur -- Broche GND de la Blue Pill


C'est sensiblement la même chose du côté récepteur:
  • Une des broches DATA du module récepteur  -- Broche B13 de la Blue Pill
  • Broche VCC du module récepteur -- Broche 5 V de la Blue Pill
  • Broche GND du module récepteur -- Broche GND de la Blue Pill


De plus, afin de pouvoir utiliser le moniteur série de l'IDE Arduino pour visualiser les informations reçues par le récepteur, le montage récepteur doit pouvoir communiquer avec l'ordinateur, soit par le connecteur USB de la Blue Pill, soit par l'entremise d'un adaptateur série-USB connecté aux broches A9 et A10.


Installation de la bibliothèque

La compatibilité des bibliothèques est un irritant fréquent lorsque vous utilisez l'IDE Arduino pour programmer autre chose qu'une carte Arduino. Par exemple, la bibliothèque VirtualWire, qui aurait fait parfaitement l'affaire pour une communication entre deux cartes  Arduino Uno, ne fonctionne pas pour la Blue Pill (erreur de compilation). En principe, on devrait pouvoir utiliser RadioHead mais mes essais se sont révélés infructueux.

J'ai donc utilisé une version spéciale de la bibliothèque Manchester, que j'avais déjà utilisée pour l'ATTiny85, que quelqu'un a modifiée pour la rendre compatible avec la Blue Pill (trouvée dans cette discussion du forum STM32Duino). Notez que cette bibliothèque est également compatible avec Arduino, ATTiny et ESP8266, ce qui permet d'envisager plusieurs combinaisons intéressantes.

De plus, vous devez avoir installé dans l'IDE Arduino le vieux core STM32Duino de Roger Clarke (cette version de la bibliothèque Manchester ne fonctionne malheureusement pas avec le core officiel STM32).

Les sketches

La paire de sketches que je vous propose ici sont très similaires aux exemples "ManchesterTX_Basic" et "ManchesterRX_Basic" qui sont livrés avec la bibliothèque.

Chaque seconde, l'émetteur envoie un message (il s'agit d'un nombre entier qui augmente d'une unité à chaque transmission). Chaque fois qu'un message est émis, la LED intégrée de la Blue Pill change d'état (à quelques reprises, le non-clignotement de cette LED m'a permis de constater que j'avais oublié de replacer le jumper BOOT0 dans la position qui permet le démarrage automatique du programme).

Le transmetteur surveille l'arrivée d'un éventuel message. Lorsqu'il en reçoit un, il le retransmet par communication série (pour qu'on puisse le voir dans le moniteur série) et il change l'état de la LED intégrée de la Blue Pill.

Vous pouvez ainsi vérifier si tous les messages émis sont captés (à partir d'une certaine distance, vous en perdrez une certaine proportion).



Si vous désirez utiliser un des sketches pour une carte Arduino plutôt qu'une Blue Pill, les deux seules modifications à effectuer sont le numéro de la broche reliée au module émetteur ou récepteur, et le numéro de la broche reliée à la LED (13).

Sketch de l'émetteur:

Sketch du récepteur:



À lire aussi

Ailleurs dans ce blog, la même paire émetteur-récepteur a été utilisée afin d'établir une communication entre deux cartes Arduino,  entre un Raspberry Pi et un Arduino et entre  un ATTiny85 et un Arduino. Les modules nRF24L01 constituent aussi une option intéressante pour établir une communication sans fil entre deux microcontrôleurs.

Yves Pelletier   (TwitterFacebook)